👶

Bébépédia

💛 Soins

Vaccinations : pourquoi, comment et le calendrier complet

Les 11 vaccins obligatoires, les recommandés et les idées reçues réfutées

12 min de lecture

0–1 mois
1–3 mois
3–6 mois
6–12 mois
12 mois +

La vaccination est l'acte médical préventif ayant sauvé le plus de vies dans l'histoire de l'humanité. Ce guide complet vous explique le fonctionnement des vaccins, le calendrier français, les effets indésirables réels, et démonte les idées reçues avec les preuves scientifiques.

Points d'attention

⚠️ Ne retardez jamais les vaccins sans avis médical : le calendrier est optimisé pour protéger bébé au moment où il est le plus vulnérable.

⚠️ Un rhume léger n'est pas une contre-indication à la vaccination — consultez votre pédiatre pour les vraies contre-indications.

⚠️ Ne jamais utiliser l'aspirine pour la fièvre post-vaccinale chez l'enfant (risque de syndrome de Reye).

Pourquoi vacciner ? Le principe de l'immunité active

Lorsque l'organisme rencontre un agent pathogène (bactérie ou virus), il déclenche une réponse immunitaire spécifique : production d'anticorps, activation des lymphocytes T cytotoxiques, mise en place d'une mémoire immunitaire. C'est ce mécanisme naturel que les vaccins exploitent.[1]

Un vaccin présente au système immunitaire un élément inoffensif du pathogène (protéine, fragment, pathogène atténué ou inactivé) afin que l'organisme construise sa mémoire sans subir la maladie. Lors d'une vraie infection ultérieure, la réponse immunitaire est alors immédiate et efficace.

Au-delà de la protection individuelle, la vaccination à large échelle crée une immunité collective (herd immunity) : lorsque 90 à 95 % de la population est immunisée, le pathogène ne trouve plus suffisamment d'hôtes pour se propager, protégeant ainsi les personnes qui ne peuvent pas être vaccinées (nouveau-nés trop jeunes, immunodéprimés, femmes enceintes).

Le calendrier vaccinal français : les 11 vaccins obligatoires depuis 2018

Depuis le 1er janvier 2018, 11 vaccins sont obligatoires pour tous les enfants nés en France. Ils étaient précédemment recommandés, mais le passage à l'obligation a fait suite à une baisse préoccupante de la couverture vaccinale et à des épidémies de rougeole.[1]

À 2 mois (M2)

  • DTCaP-Hib-VHB (Infanrix Hexa, Hexyon, Vaxelis) : diphtérie, tétanos, coqueluche acellulaire, poliomyélite, Haemophilus influenzae type b, hépatite B — une seule injection hexavalente
  • Pneumocoque 13-valent (Prevenar 13) : protection contre les 13 sérotypes de pneumocoques les plus fréquents, responsables de pneumonies, méningites et otites

À 4 mois (M4)

  • DTCaP-Hib-VHB (2e dose)
  • Pneumocoque (2e dose)

À 11 mois (M11)

  • DTCaP-Hib-VHB (3e dose — rappel)
  • Pneumocoque (3e dose — rappel)
  • Méningocoque C (Neisvac, Menjugate) : une seule dose à 5 mois, rappel à 12 mois selon le nouveau calendrier

À 12 mois (M12)

  • ROR (Priorix, M-M-RvaxPro) : rougeole, oreillons, rubéole — 1re dose
  • Méningocoque C : 1re dose si non faite à 5 mois (ou rappel)

À 16-18 mois

  • ROR : 2e dose (au moins 1 mois après la 1re)

Les vaccins recommandés (non obligatoires mais fortement conseillés)

Méningocoque B — Bexsero (recommandé depuis 2024)

Le méningocoque B est la principale cause de méningite bactérienne du nourrisson en France. Depuis 2024, la HAS recommande la vaccination par Bexsero dès l'âge de 2 mois, avec un schéma à 3 doses (M2, M4, M12).[4] Ce vaccin était auparavant recommandé uniquement dans certaines zones géographiques à risque. Son coût reste un frein à la couverture vaccinale universelle.

Rotavirus (Rotarix, RotaTeq)

Le rotavirus est la première cause de gastro-entérite sévère du nourrisson nécessitant une hospitalisation. Deux vaccins oraux sont disponibles (schéma à 2 ou 3 doses entre 6 et 24 semaines). La HAS les recommande pour tous les nourrissons. La vaccination doit être initiée avant 12 semaines pour le Rotarix et 12 semaines pour le RotaTeq, en raison d'un risque légèrement accru d'invagination intestinale si administrés tardivement.

BCG (tuberculose)

Recommandé pour les enfants à risque élevé de tuberculose : enfants nés ou vivant dans des zones d'endémie, enfants dont les parents sont originaires de pays à forte prévalence. À réaliser le plus tôt possible, de préférence avant 1 mois.

Varicelle

Recommandée pour les enfants de 12 à 24 mois n'ayant pas eu la varicelle. Deux doses séparées d'au moins 3 mois. Particulièrement importante pour les enfants en collectivité et pour prévenir les complications rares mais graves (surinfection bactérienne, encéphalite).

Nirsevimab — Beyfortus (anti-RSV, depuis 2023)

Le nirsevimab n'est pas un vaccin au sens strict mais un anticorps monoclonal à longue durée d'action dirigé contre le VRS (virus respiratoire syncytial, responsable de la bronchiolite). Une injection unique protège le nourrisson pendant toute la saison hivernale. Il est recommandé depuis 2023 pour tous les nourrissons nés pendant ou avant la saison hivernale (septembre à janvier). Les études montrent une réduction de 77 % des hospitalisations pour bronchiolite sévère.[1]

Idées reçues : les preuves contre les mythes

"Trop de vaccins d'un coup = surcharge du système immunitaire"

FAUX. En 2002, Paul Offit et ses collègues ont publié dans Pediatrics une analyse rigoureuse de la capacité du système immunitaire du nourrisson : les données montrent que le système immunitaire d'un nouveau-né est capable de répondre simultanément à 10 000 antigènes différents.[2] Les vaccins actuels, même administrés ensemble, ne représentent qu'une infime fraction de ce potentiel. De plus, l'exposition quotidienne à des bactéries environnementales représente une stimulation immunitaire bien plus importante que les vaccins.

"Les vaccins causent l'autisme"

DÉFINITIVEMENT RÉFUTÉ. Ce mythe trouve son origine dans une étude publiée en 1998 dans The Lancet par Andrew Wakefield, portant sur seulement 12 enfants. Cette étude a été rétractée en 2010 après qu'une enquête journalistique (Brian Deer, BMJ) a révélé des données falsifiées et un conflit d'intérêts financier majeur. Wakefield a depuis été radié de l'ordre des médecins britanniques.[3]

Une méta-analyse de 2014 portant sur 1,2 million d'enfants répartis dans 5 pays n'a trouvé aucun lien entre la vaccination ROR et l'autisme (Taylor et al., Vaccine 2014).[3] Des dizaines d'autres études indépendantes ont confirmé l'absence totale de lien causal.

"Les maladies étaient déjà en déclin avant les vaccins"

FAUX. Si les conditions sanitaires ont contribué à réduire la mortalité par certaines maladies infectieuses, les courbes épidémiologiques montrent clairement une chute abrupte et immédiate de l'incidence des maladies au moment précis de l'introduction des vaccins — bien au-delà de la tendance préexistante. L'exemple de la rougeole est particulièrement éloquent : l'introduction du vaccin en 1963 aux États-Unis a provoqué une chute de 99 % des cas en moins d'une décennie.

Effets indésirables réels vs rumeurs

Effets attendus et bénins

Les réactions fréquentes suivant la vaccination sont normales et témoignent de la mise en place d'une réponse immunitaire :

  • Rougeur, gonflement et douleur au site d'injection : disparaissent en 2-3 jours
  • Fièvre modérée (38-39°C) dans les 24-48h suivant l'injection, traitée par paracétamol
  • Irritabilité, pleurs, somnolence transitoires

Effets rares mais documentés

La réaction anaphylactique est la complication allergique grave la plus redoutée. Son incidence est estimée à 1 cas pour 500 000 doses administrées — c'est la raison pour laquelle toute vaccination impose une observation de 15 minutes après l'injection dans un lieu équipé pour la prise en charge de l'anaphylaxie. Cet effet indésirable, bien que potentiellement grave, est traitable immédiatement et ne contre-indique pas la vaccination (sauf allergie documentée à un composant du vaccin).

Perspective internationale : la Scandinavie comme modèle

Les pays nordiques (Suède, Norvège, Danemark, Finlande) maintiennent des taux de couverture vaccinale supérieurs à 95 % grâce à des programmes de santé publique proactifs et à une forte confiance institutionnelle.[5] Ces pays ont éradiqué des maladies comme la rougeole et la poliomyélite depuis plusieurs décennies.

En France, l'épidémie de rougeole de 2018-2019 (plus de 2 900 cas, 1 décès) a directement suivi une période d'hésitation vaccinale et de baisse de couverture.[1] Cet épisode a conduit à l'obligation vaccinale des 11 vaccins. La rougeole nécessite 95 % de couverture pour maintenir l'immunité collective — un seuil difficile à atteindre sans obligation.

Conseils pratiques

Administrez du paracétamol après le vaccin si fièvre ou douleur — la fièvre dans les 24-48h est normale et bénigne.

Apportez toujours le carnet de santé à chaque consultation : la traçabilité vaccinale est essentielle.

Le Méningocoque B (Bexsero) donne plus souvent de la fièvre que les autres vaccins — un antipyrétique prophylactique peut être recommandé par le médecin.

N'hésitez pas à allaiter pendant ou juste après l'injection : la succion réduit la douleur.

📊 Chiffres clés

Vaccins obligatoires en France

11 depuis janvier 2018

Premier vaccin

Dès 2 mois (DTCaP-Hib-VHB + Pneumocoque)

Méningocoque B (Bexsero)

Recommandé dès 2 mois depuis 2024

Nirsevimab (Beyfortus)

Anti-RSV recommandé depuis 2023

Réaction anaphylactique

1 / 500 000 doses (raison des 15 min d'observation)

📚

Sources & Références

1
Recommandation
Consulter

Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2024. Ministère de la Santé / Santé Publique France. 2024.

2

Offit PA, Quarles J, Gerber MA et al.. Addressing Parents' Concerns: Do Multiple Vaccines Overwhelm or Weaken the Infant's Immune System?. Pediatrics. 2002.

3

Taylor LE, Swerdfeger AL, Eslick GD. Vaccines are not associated with autism: An evidence-based meta-analysis of case-control and cohort studies. Vaccine. 2014.

4
Recommandation
Consulter

Avis relatif à la vaccination contre les infections invasives à méningocoque B — Bexsero. Haute Autorité de Santé (HAS). 2024.

5
Site web
Consulter

Immunisation — ECDC Vaccine Scheduler. European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC). 2024.

Ces références sont fournies à titre informatif. Consultez toujours un professionnel de santé pour un avis médical personnalisé.

#vaccins
#vaccination
#calendrier vaccinal
#DTCaP
#ROR
#méningocoque
#pneumocoque
#Beyfortus
#nirsevimab

💛 Plus sur Soins

📚 Articles liés

Retour à l'accueil